Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 09:50
Journée mondiale de la lutte contre le Sida, 1er décembre 2007

« Notre mission est avant tout de nous assurer que la prévention, le traitement, les soins et l’appui sont à la portée de tous – migrants, travailleurs du sexe, toxicomanes par voie intraveineuse et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, mais également ceux qui travaillent pour le gouvernement, dans des banques, des bureaux d’affaires juridiques, des établissements scolaires et des organisations internationales. »

Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon

Cette année le thème global de la Journée mondiale de lutte contre le sida est le leadership et son slogan est : « STOP sida. Tenir la promesse. »

Mais la journée mondiale de lutte contre le sida n’est pas seulement une campagne de sensibilisation. C’est également l’occasion d’exhorter les gouvernements et les dirigeants à tenir les promesses qui ont été faites et une opportunité de démontrer un engagement dans la lutte contre le sida.

En désignant le leadership comme thème de la journée internationale de lutte contre le sida durant les deux prochaines années, la campagne mondiale souligne le leadership nécessaire pour réaliser les engagements pris pour lutter contre le sida, particulièrement la promesse d’un accès universel aux traitements, à la prévention, aux soins et au soutien. Par ailleurs, elle célèbre le leadership qui a pu être observé à tous les niveaux de la société.

MESSAGES :

  • Message de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

Le thème de cette Journée mondiale de la lutte contre le sida est l’esprit d’initiative. Sans lui, nous ne prendrons jamais d’avance sur l’épidémie.

Le sida est une maladie qui ne ressemble à aucune autre. C’est un problème social, un problème de droits de l’homme, un problème économique. Il touche les jeunes adultes au moment où ils devraient contribuer au développement économique et au progrès intellectuel et élever des enfants. Il frappe de façon anormalement élevée les femmes. Il a fait des millions d’orphelins. Il fait à la société ce que le VIH fait au corps humain, il affaiblit sa résistance, diminue ses capacités, entrave son développement et menace sa stabilité.

Il ne s’agit pas d’une fatalité. Nous disposons des moyens nécessaires pour empêcher les jeunes adultes d’être infectés. Nous avons les moyens de traiter ceux qui sont contaminés. Nous avons les moyens de fournir soins et appui.

Nous avons réalisé des progrès tangibles et remarquables sur tous ces fronts mais il nous faut faire davantage. Même s’il ressort des nouvelles données que la prévalence mondiale du VIH s’est stabilisée, les chiffres sont encore effarants. Notre mission est avant tout de nous assurer que la prévention, le traitement, les soins et l’appui sont à la portée de tous – migrants, travailleurs du sexe, toxicomanes par voie intraveineuse et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, mais également ceux qui travaillent pour le gouvernement, dans des banques, des bureaux d’affaires juridiques, des établissements scolaires et des organisations internationales. Tout le monde est concerné, où que les gens vivent et quoi qu’ils fassent.

Mettre un terme à la stigmatisation demeure l’un des défis les plus importants à relever. Il s’agit encore là de l’obstacle le plus formidable à l’action publique contre le sida. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’épidémie continue à semer la dévastation partout dans le monde.

J’appelle aujourd’hui à ce que de nouvelles initiatives soient prises pour en finir avec la stigmatisation associée au VIH. J’applaudis les individus courageux qui vivent ouvertement avec le VIH et qui, sans relâche, défendent les droits des personnes séropositives et sensibilisent les autres au sida. J’appelle les gouvernements à faire preuve d’initiative et à montrer qu’ils peuvent pleinement comprendre l’épidémie afin que les ressources aillent là où elles sont les plus nécessaires. J’appelle chacun à prendre les choses en main, à tous les niveaux, pour que la prévention, le traitement, les soins et l’appui soient à la portée de tous d’ici à 2010, comme s’y sont engagés tous les gouvernements l’an passé. Il ne nous reste que deux ans si nous voulons respecter les délais fixés. Il nous faut faire preuve d’esprit d’initiative maintenant.

En ma qualité de Secrétaire général, je suis résolu à donner un rôle de premier plan aux organismes des Nations Unies dans ces efforts – à veiller à ce que les mesures de lutte contre le sida soient prioritaires, à encourager les États Membres à faire en sorte que la question occupe une place de choix dans les programmes nationaux et internationaux et à m’employer à ce que l’ONU constitue un modèle de la façon dont le sida doit être traité sur le lieu de travail.

Quel que soit notre rôle dans la vie, quel que soit le lieu où nous vivons, d’une façon ou d’une autre, nous vivons tous avec le VIH et sommes tous touchés par le VIH. Nous devons tous accepter la responsabilité d’y trouver une solution. En cette Journée mondiale de la lutte contre le sida, faisons preuve de l’esprit d’initiative nécessaire pour nous acquitter de cette responsabilité.

  • Message de M. Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA

Aujourd’hui, des millions de personnes à travers le monde commémorent la 20e Journée mondiale sida. Pour certaines, c’est peut-être le seul jour de l’année où ils pensent au sida. Pour beaucoup, toutefois, le sida fait partie de la vie quotidienne.

Depuis la première Journée mondiale sida en 1988, lorsque l’Organisation mondiale de la Santé a appelé chacun à « Se joindre à l’effort mondial », le sida est devenu l’un des problèmes déterminants de notre temps.

L’épidémie s’est mondialisée – et féminisée. En 1988, la plupart des cas de VIH enregistrés se trouvaient toujours aux Etats-Unis, et la majorité étaient des hommes. Aujourd’hui, le VIH est présent dans chaque pays du monde, et la moitié des personnes qui vivent avec le VIH sont des femmes.

La riposte s’est également mondialisée. L’an passé, les Etats Membres des Nations Unies se sont engagés à accélérer sur la voie de l’accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et à l’appui dans le domaine du VIH. Dans les pays en développement, plus de 2,5 millions de personnes reçoivent aujourd’hui les médicaments antirétroviraux qui prolongent la vie. Les infections à VIH, dans de nombreux pays, sont sur le déclin.

Le défi consiste désormais à maintenir ce leadership, à conserver le sida en tête des priorités mondiales, et à accélérer l’action aux niveaux national et local. Tout relâchement du leadership serait fatal. L’épidémie a atteint des proportions mondiales précisément parce qu’il a fallu attendre aussi longtemps avant que le monde n’agisse. Et bien que nous commencions à faire des progrès, il reste un long chemin à parcourir.

Il y a toujours un grave déficit de ressources pour le sida, et la stigmatisation et la discrimination qui entourent le sida sont encore monnaie courante. De ce fait, les deux tiers des personnes qui ont besoin d’un traitement antirétroviral ne peuvent y avoir accès. Moins d’une personne sur dix qui est exposée au risque d’infection à VIH a les moyens de se protéger.

Maintenir le leadership et accélérer l’action sur le sida ne sont pas uniquement l’affaire des politiciens. Cela concerne les chefs religieux, la communauté, les leaders de la jeunesse et des conseils, les cadres supérieurs et les dirigeants des syndicats. Cela concerne les personnes vivant avec le VIH, leur famille et leurs amis. Cela vous concerne, me concerne – chacun et chacune d’entre nous – en tant que chefs de file pour éliminer la stigmatisation et la discrimination, et préconiser davantage de ressources pour s’attaquer au sida.

Et cela demande que tous nous nous focalisions sur le sida chaque jour de l’année. Ce n’est qu’alors que nous pourrons espérer réaliser l’objectif mondial de l’accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et à l’appui en matière de VIH.

  • Message de M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO

Le sida, maladie encore inconnue il y a un quart de siècle, est désormais la quatrième cause de décès dans le monde. Aujourd’hui, environ 40 millions de personnes vivent avec le VIH et, dans toutes les régions du monde, les femmes sont de plus en plus nombreuses parmi les personnes qui viennent d’être infectées. L’Afrique subsaharienne reste la région la plus touchée par cette épidémie mondiale, avec une espérance de vie réduite de plus de 20 ans dans les pays les plus durement frappés. Et en dépit des efforts notables des gouvernements, de la société civile et des partenaires de développement internationaux, les jeunes de 15 à 25 ans représentent près de la moitié des nouveaux cas d’infection.

Le sida reste une maladie inégalitaire. L’inégalité entre les sexes, due en grande partie au fait que sur les plans économique et social, les femmes sont très défavorisées par rapport aux hommes, aggrave leur vulnérabilité biologique au VIH. L’inégalité sociale, accentuée par la stigmatisation et la discrimination, les préjugés et les violations des droits de l’homme, empêchent les groupes clés notamment les consommateurs de drogues injectables, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et les professionnels du sexe, d’accéder aux services de prévention, de traitement et de soin mis en place pour lutter contre cette infection. Les jeunes, en raison de leur âge et d’autres obstacles socioculturels, se voient souvent refuser l’accès à l’intégralité des informations et services nécessaires pour prévenir l’infection par le VIH et pour répondre à leurs besoins en matière de traitement, soins et autres formes de soutien. Enfin, les inégalités économiques peuvent entraîner des abus de pouvoir et une augmentation des comportements sexuels à risques, comme c’est le cas pour les personnes qui se prostituent pour obtenir de la nourriture et d’autres biens nécessaires pour elles-mêmes et leurs enfants.

Cette année, la Journée mondiale du sida est consacrée au thème du « leadership ». C’est un thème qui prend en compte la nécessité d’une vision stratégique, d’une action ciblée et durable, de l’autonomisation, de la motivation et de la responsabilisation. Ce thème devrait avoir un sens pour chacun d’entre nous - le leadership étant nécessaire à tous - gouvernements, partenaires de développement, secteur privé, société civile et individus - pour empêcher la propagation du VIH, renforcer la capacité de faire face à l’impact du sida, et surmonter ces inégalités qui ont jusqu’à présent beaucoup freiné notre action.

Alors que nous entamons le deuxième quart de siècle de lutte contre le sida, le leadership va nécessiter une réflexion et des mesures inspirées des principaux enseignements que nous avons tirés de notre expérience au sujet de ce qu’il faut faire. Nous comprenons maintenant qu’il est important de « connaître son épidémie », notamment sa nature, sa dynamique et ses caractéristiques au niveau des pays, pour faire en sorte que les stratégies soient en phase et en adéquation avec les conditions locales. Nous savons que la prévention du VIH est plus efficace lorsqu’elle est mise en oeuvre dans le cadre d’un programme complet qui agit non seulement sur les risques, mais aussi sur les vulnérabilités et qui s’appuie sur les synergies entre prévention, traitement, soin et soutien. Nous savons que nos actions doivent être fondées sur les faits et sur l’efficacité constatée et attestée. Enfin, plus que jamais, nous sommes conscients qu’il ne faut pas relâcher nos efforts, mais au contraire faire preuve sur le long terme d’une détermination sans faille et d’une volonté de fer, en tirant parti des atouts et des contributions de tous nos partenaires.

Ces leçons se reflètent dans l’action de l’UNESCO et dans la version révisée de sa stratégie pour lutter contre le VIH et le sida. La stratégie révisée accorde la priorité aux responsabilités de l’Organisation dans le cadre de la répartition des tâches établies par l’ONUSIDA, y compris en sa qualité d’institution chef de file pour la prévention du VIH chez les jeunes dans les établissements d’enseignement. L’UNESCO est également le chef de file d’EDUSIDA, l’Initiative mondiale sur le VIH/sida et l’éducation de l’ONUSIDA, qui fournit aux États membres un important cadre de partenariat dans lequel ils peuvent avancer en mettant en place des réponses globales du secteur éducatif au VIH et au sida. Par ailleurs, faisant appel à son expertise plurisectorielle, l’UNESCO soutient d’autres organisations coparrainant l’ONUSIDA et s’associe à elles dans les domaines d’intervention où elles sont chefs de file.

Au niveau mondial, une plus grande volonté politique et un leadership renforcé en matière de sida accroissent considérablement la capacité d’action. En juin 2006, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une nouvelle Déclaration politique sur le VIH/sida dans laquelle les dirigeants des pays membres se sont engagés à travailler ensemble à la généralisation de l’accès à des programmes de prévention, de traitement, de soins et de soutien en matière de VIH d’ici à 2010, initiative vigoureusement renforcée par les récentes annonces du G-8.

Le leadership se manifeste également dans le financement accru de la lutte contre le sida, non seulement par les gouvernements et les organisations internationales, mais aussi par de grandes fondations et des institutions philanthropiques. Pourtant, il devient urgent de multiplier considérablement ces ressources si l’on veut atteindre l’objectif de 2010.

Les progrès réalisés jusqu’à aujourd’hui témoignent du leadership à tous les niveaux mais, comme l’a montré l’histoire récente, nous devons continuer à intensifier nos efforts, adapter nos actions aux situations épidémiologiques et sociales concrètes, et mobiliser suffisamment de fonds pour faire face au sida à l’avenir. Je vous exhorte tous à profiter de cette Journée mondiale du sida pour développer votre leadership personnel et professionnel. Je vous promets que l’UNESCO est fermement résolue à tenir son rôle dans la lutte contre le VIH et le sida au niveau mondial.

  • Message de Thoraya Ahmed Obaid, Directrice exécutive de l’UNFPA

Aujourd’hui, Journée mondiale du sida, nous sommes invités à diriger la lutte contre le sida. Partout où existe une équipe dirigeante forte et résolue, la réaction est plus efficace.

Les nouvelles évaluations de l’ONUSIDA et de l’OMS sur la prévalence du VIH sont encourageantes. Le pourcentage des personnes atteintes du VIH s’est stabilisé et le nombre des nouveaux cas d’infection a diminué. Cela est dû en partie aux programmes de prévention et de traitement du VIH. Cependant, le sida demeure une cause majeure de mortalité à l’échelle mondiale, avec plus de 5 700 décès par jour. Durant les prochaines 24 heures, plus de 6 800 personnes seront infectées.

Le moment est venu de renforcer les activités de prévention et de réduire l’impact du sida. La prévention du VIH reste la première ligne de défense et il faut l’assurer plus rapidement, de même que le traitement. Nous devons agir ensemble dans le sens de l’accès universel à la prévention, au traitement et aux soins.

Les donateurs peuvent montrer la voie en portant les ressources au montant nécessaire et en aidant la communauté internationale à doubler les moyens de financement pour le sida d’ici 2010, de manière à répondre à la promesse faite par les États devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

Les prestataires de soins de santé peuvent montrer la voie en intégrant les programmes de prévention du VIH et ceux de santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’en délivrant à tous des messages de prévention. C’est particulièrement important pour les jeunes, qui représentent la moitié de tous les nouveaux cas d’infection par le VIH.

Les jeunes peuvent montrer la voie en plaidant pour leurs droits et besoins spécifiques. Les jeunes et les femmes peuvent introduire de nouvelles approches en matière de prévention du VIH et sont des partenaires naturels dans la lutte contre le sida.

Le moment est aussi venu de promouvoir le rôle dirigeant des femmes. Pour faire reculer la diffusion du VIH, nous devons nous attaquer aux inégalités entre les sexes, qui alimentent la maladie, et faire en sorte que les femmes prennent la tête d’une réaction efficace. Hommes et garçons peuvent aussi montrer la voie en promouvant l’égalité dans les relations entre les deux sexes et en offrant des rôles modèles positifs au sein des familles, des partenariats et des communautés.

Les gouvernements doivent montrer la voie en investissant dans des programmes nationaux détaillés qui soient centrés sur la prévention du VIH, avec des cibles bien claires au niveau national et un soutien à large assise. Il ne saurait y avoir de réaction efficace au VIH sans une direction engagée au plus haut niveau.

Et la participation active des personnes atteintes du VIH et du sida est essentielle au succès. C’est leur courage, leur honnêteté et leurs qualités d’animateurs qui contribueront à obliger les dirigeants politiques et les élus à rendre compte des promesses faites et des progrès réalisés au fil des années.

Aujourd’hui, Journée mondiale du sida, l’UNFPA renouvelle son engagement d’assumer le rôle de chef de file dans la prévention du VIH. Ensemble, nous devons garder la promesse faite et conduire les efforts pour arrêter le sida.

  • Message de Kemal Derviş, Administrateur du PNUD

La Campagne mondiale contre le sida a choisi le « leadership » comme thème de la Journée mondiale de lutte contre le sida de 2007 afin de souligner la nécessité d’un leadership novateur et visionnaire en réponse à cette épidémie. Elle nous appelle tous à réitérer notre engagement aux niveaux individuel, familial, communautaire, national et international afin de donner les moyens de lutter contre le sida.

Les nouvelles données publiées par ONUSIDA dans « Le point sur l’épidémie de sida » de 2007 indiquent que la prévalence mondiale du VIH a atteint un plateau et que le nombre de nouvelles infections est en baisse, 33.2 millions de personnes environ ayant le VIH en 2007. Pourtant avec 6 800 nouvelles infections et plus de 5 700 décès par jour dus au sida, il nous faut reconnaître que cette épidémie pose une crise à long terme au développement — car elle fait des victimes, augmente et propage la pauvreté et épuise les ressources. Nous devons continuer à intensifier les efforts en faveur d’un accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et aux services d’accompagnement d’ici à 2010.

En sa qualité de co-parrain d’ONUSIDA, le PNUD joue un rôle de chef de file dans la lutte mondiale contre le sida et il continuera à intensifier ses efforts face à la pandémie de VIH/sida, car celle-ci affecte le développement, la gouvernance, la protection des droits de l’homme et l’égalité entre les sexes. Ce faisant, nous appuierons la réponse de l’ensemble du système des Nations Unies face à l’’épidémie.

En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, j’ai le plaisir de lancer un appel à des nominations pour le prix biennal Ruban rouge qui honore et célèbre le leadership des organisations communautaires. Depuis plus de 20 ans, les communautés ont été le plus durement touchées par le sida, et pourtant, elles ont fait montre d’un courage et d’une résistance extraordinaires et leur leadership a joué un rôle crucial face aux défis posés par cette épidémie.

Le VIH/sida a été un défi pour le monde en général, mais aussi pour les fonctionnaires du PNUD et leur famille. En tant qu’Administrateur, je suis fier de l’engagement pris par notre organisation pour aider le personnel touché par le VIH. Nous avons été à l’avant-garde de la mise en place du programme interorganisations « UN Cares » qui succèdera à notre propre programme « We Care ». C’est un progrès majeur qui permettra d’assurer que le personnel du PNUD touché par le VIH/sida ait accès à la prévention, au traitement, aux soins et aux services d’accompagnement, et travaille sans crainte de la stigmatisation et de la discrimination.

Des services de dépistage volontaire et d’accompagnement psychologique seront intégrés dans les activités menées lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida à New York. Je voudrais encourager tous les fonctionnaires du PNUD ainsi que leurs conjoints ou partenaires et leurs enfants à tirer profit de cette occasion.

En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, engageonsnous à maintenir notre leadership dans cette lutte et à réaliser le sixième des objectifs du Millénaire pour le développement, qui consiste à freiner et à commencer à faire reculer la propagation du sida d’ici 2015.

HISTORIQUE :

Introduction

Le thème du « leadership » a été retenu pour la Journée mondiale de lutte contre le sida 2007 et 2008. Ce thème continuera à être promu avec le slogan de campagne : « Stop sida. Tenez la promesse. »

Pourquoi le thème du leadership ?

Depuis le début de l’épidémie, l’expérience démontre clairement que les avances significatives de la réponse au VIH ont été accomplies sous les auspices d’un leadership fort et engagé. Les leaders se distinguent par leur action, leur innovation et leur vision ; leur exemple personnel et l’engagement d’autrui ; et leur persévérance face aux obstacles et aux défis. Cela dit, les leaders ne sont pas souvent les personnalités les plus en vue. Pour l’emporter sur la maladie, il faut que le leadership se manifeste à tous les niveaux : dans les familles, dans les communautés, dans les pays et sur la scène internationale. Dans la lutte contre le sida, le meilleur leadership s’est souvent révélé au sein des organisations de la société civile, dans leur refus du statu quo. Faire du leadership le thème des deux prochaines journées mondiales de lutte contre le sida encouragera l’expression des leaders à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société. Nous espérons, certes, que ce thème inspirera et stimulera les champions de la cause au sein des groupes et réseaux les plus divers, à l’échelle locale comme internationale.

Tout en le renforçant, le thème du leadership s’inscrit dans la continuité de celui, en 2006, de la responsabilité. En 2006, plusieurs jalons ont été atteints, là où l’ancrage de la responsabilité était particulièrement crucial : à la Réunion de haut niveau de l’ONU sur le sida, notamment, bilan de l’importante Déclaration d’engagement sur le VIH/sida adoptée en 2001 pour répondre aux exigences sida des Objectifs du Millénaire pour le développement. L’année aura marqué, aussi, le cinquième anniversaire de la Déclaration africaine d’Abuja. C’était du reste l’année où les gouvernements devaient ou auraient dû fixer leurs cibles nationales en vue de l’accès universel au traitement, à la prévention, aux soins et aux services d’accompagnement d’ici 2010. Tout cela sans compter la Conférence internationale 2006 sur le sida, où l’ordre du jour aura certainement été celui de la « responsabilité », reflet du thème « Passons aux actes » que s’était donné le forum.

Malgré les efforts déployés pour tenir les leaders du monde responsables en 2006, l’endiguement du VIH est loin d’atteindre ses buts. Plus de 25 millions de victimes ont à ce jour succombé au sida, tandis que le VIH en infectait 4,3 millions de plus en 2006. La propagation du virus s’accélère, avec un nombre annuel de nouvelles infections plus élevé en 2006 que jamais encore auparavant. Cela malgré les maintes promesses, faites par les leaders du monde, de prestations aptes à enrayer les taux d’infection et de mortalité. Le G8 a pris des engagements qu’il doit maintenant tenir sur le sida. Lors d’autres rencontres de haut niveau, les gouvernements des pays riches ont promis d’accroître à 0,7 pour cent de leur budget annuel leurs allocations d’aide au développement. Seuls quelques pays ont tenu cette promesse. Dans la Déclaration d’Abuja, les leaders africains se sont engagés à affecter 15 pour cent de leurs budgets au poste de la santé. Seuls un ou deux pays ont tenu parole ; un tiers seulement des pays d’Afrique y consacre plus de 10 pour cent. Toutes ces promesses sont bafouées par manque de leadership à tous les niveaux.

Exploitation du thème

Comme les autres thèmes choisis dans le passé, celui du leadership représente un vaste concept de campagne mondiale. Les thèmes et les messages locaux de la Journée de lutte contre le sida se façonnent le mieux au niveau national ou communautaire, où les campagnes peuvent adapter le concept à leur situation ou à leur groupe particulier. Dans la mesure du possible, nous encourageons les campagnes à lier leurs messages locaux au thème du leadership, surtout dans le contexte de la Journée mondiale de lutte contre le sida, afin d’optimiser la visibilité nationale, régionale et internationale des efforts de campagne mondiaux contre l’épidémie. Si possible, l’emploi du slogan « Stop sida. Tenez la promesse » est aussi recommandé dans les formules retenues pour la Journée mondiale de lutte contre le sida.

Tous les travaux de l’organisme World AIDS Campaign reposent sur le principe que les messages locaux doivent étayer tous les efforts de campagne mondiaux. Les messages de campagne les plus appropriés peuvent être avancés sous l’égide du leadership. Le thème du leadership est proposé tel un véhicule unificateur de toutes les initiatives au sein d’un message mondial commun. Les thèmes de World AIDS Campaign servent à :

  • favoriser la couverture médiatique du sida et de la Journée mondiale de lutte contre le sida ;
  • donner aux organisations démunies un accès à un matériel de campagne utile ;
  • renforcer la solidarité de la réponse mondiale au sida à travers un effort uni ;
  • donner à l’action une portée nationale et internationale inaccessible aux efforts de moindre échelle, à travers un message de campagne mondiale contre le sida.

Dans la mesure où il porterait atteinte aux initiatives locales, le thème mondial du leadership ne devra pas être utilisé, pas plus que dans les contextes où il serait considéré comme amoindrissant l’autonomie des voix de campagne locales. Le thème mondial représente simplement un vaste principe organisateur appelé à compléter les efforts de campagne existants ou émergents.

Le thème offre notamment l’avantage, autour de la Journée mondiale de lutte contre le sida surtout, d’un véhicule universellement reconnu pour la promotion de nombreuses questions ayant trait au sida. Les médias, les gouvernements, les entreprises locales et diverses institutions voient dans la Journée mondiale de lutte contre le sida et dans son thème de l’année l’occasion de démontrer, à l’échelle locale ou mondiale, leur engagement et leur action à l’encontre du sida. Le thème se prête par conséquent à la promotion de diverses campagnes et de leurs causes respectives. Une campagne d’orientation politique pourrait, par exemple, se présenter comme suit : « Appel au leadership : faute de traitement, nous mourons toujours ! Stop sida. Tenez la promesse. » Ou, pour mobiliser un certain secteur poursuivant une cause commune : « Travailleurs du textile, menez la lutte contre le sida dans votre industrie ! » Le thème du leadership se veut aussi souple que possible, pour répondre aux besoins de toutes les campagnes.

L’équipe de soutien international de World AIDS Campaign produira, en collaboration avec différents réseaux d’envergure mondiale, un matériel adaptable à de nombreux contextes. D’autres notes d’orientation et de campagne vous seront communiquées tout au long de l’année. Comme en 2006, nous préparerons et distribuerons des affiches, brochures et CD-ROM. Ce matériel vous sera proposé, à partir du mois d’août 2007, en français, espagnol, russe, swahili et anglais. D’autres langues, d’Afrique notamment, seront également disponibles électroniquement.

Thèmes de la Journée mondiale de lutte contre le sida

World AIDS Campaign a pour objectif fondamental, de 2005 à 2010, d’assurer que les leaders et décisionnaires tiennent leurs promesses de lutte contre le sida, y compris en ce qui concerne l’accès universel au traitement, aux soins et aux services d’accompagnement et de prévention d’ici 2010. Dans le cadre de cette mission quinquennale, des thèmes de campagne annuels sont sélectionnés en fonction de leur opportunité, de leur pertinence et de leur adaptabilité à différentes régions et problématiques.

World AIDS Campaign définit le thème de la Journée mondiale de lutte contre le sida depuis 1997. La campagne a depuis lors acquis sa forme actuelle, sous la direction d’un comité représentatif de réseaux mondiaux contre le sida. Le Comité directeur mondial de World AIDS Campaign a sélectionné le thème du leadership à l’occasion de sa cinquième réunion tenue à Genève les 8 et 9 février 2007. Le comité se compose de représentants des organismes suivants : Global Network of People Living with HIV AND AIDS * , the International Community of Women Living with HIV and AIDS * , the Youth Coalition * , the Campagne Syndicale Internationale contre le VIH/sida, the International Council of AIDS Service Organisations * , the Ecumenical Advocacy Alliance * , and the International Women’s AIDS Caucus. L’ ONUsida * et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme en sont également membres sans droit de vote.

© un.org

Source:  http://www.spcm.org/Journal/spip.php?breve4099

Par Drgéraud - Publié dans : Actualité
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Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 09:41
Quelles initiatives du NEPAD pou l'Environnement?

A l’aube du 21ème siècle, le processus de dégradation des écosystèmes semble connaître une amplification sans précédent en Afrique. Selon la FAO (1997), le continent africain a perdu 47 millions d’hectares de forêts au cours des années 80 et 19 millions supplémentaires ont été entièrement ou partiellement détruits en 1995.

Dans le même temps le cadre de vie s’est considérablement détérioré à cause principalement de l’absence de systèmes de planification urbaine et de gestion efficace des déchets domestiques et industriels. L’accélération des transformations du milieu naturel met en péril la survie des écosystèmes vulnérables. C’est ainsi par exemple qu’un pays comme le Niger a enregistré au cours des vingt dernières années la perte de 80% de ses zones humides d’eau douce. Le même constat peut être fait au niveau des plages de Dakar avec la dégradation des ressources marines.

 

La crise environnementale est d’autant plus durement ressentie dans la région que le niveau de développement y est étroitement dépendant des ressources naturelles. Dans un contexte d’accroissement démographique rapide, l’amplification du processus de détérioration des écosystèmes s’accompagne d’une augmentation continue de la pression exercée sur les ressources naturelles. Les effets combinés de ces facteurs ont engendré une chute des productions de base et l’Afrique qui exportait avant ses excédents alimentaires est devenue de plus en plus dépendante des importations de céréales et de l’aide alimentaire.

 

A l’échelle de l’ensemble du continent africain, le déficit vivrier est à la base de l’instauration d’une insécurité alimentaire généralisée. Dans un tel contexte, la paupérisation des larges couches et catégories sociales conduit à l’adoption de stratégies d’adaptation et de survie qui s’attaquent encore davantage à la base des ressources. Pareilles stratégies ne permettent pas de prendre en compte la préoccupation fondamentale de la gestion durable des ressources naturelles.

Or, si l’on se situe dans une perspective de long terme, les problèmes de gestion environnementale en relation avec les exigences de lutte contre la pauvreté apparaissent comme partie intégrante des enjeux majeurs qui interpellent les pays africains et qui doivent être appréhendés de façon globale et prospective.

 

Si l’on veut accroître les chances d’une prise en compte des préoccupations environnementales dans la planification et les stratégies de lutte contre la pauvreté, il apparaît indispensable d’évaluer le poids économique de l’environnement dans la comptabilité nationale.

 

Dans les orientations de l’Initiative environnementale du NEPAD, des recommandations sont faites pour corriger les faiblesses des politiques et des programmes en cours d’exécution. Ainsi, le NEPAD recommande d’articuler les initiative en matière d’environnement autour de huit objectifs hautement prioritaires ayant trait à i) la lutte contre la désertification, ii) la protection des zones humides, iii) la lutte contre les plantes exotiques envahissantes, iv) la gestion des côtes, v) l’atténuation des effets du réchauffement global, vi) la gestion des zones transfrontières, vii) la gouvernance environnementale et viii) la mise en place de mécanismes de financement durable.

 

Le Nouveau Partenariat part du constat que la dégradation de l’environnement, l’accentuation de la pression exercée sur les ressources naturelles ainsi que l’aggravation u processus de paupérisation constituent des défis majeurs auxquels le continent doit impérativement faire face. Pour lever ces contraintes, le programme préconise l’adoption d’une Initiative environnementale intégrant un Plan d’action et des stratégies cohérentes. Le Plan d’action a été élaboré sous l’égide de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE) en mettant en œuvre un processus consultatif et participatif.

 

Le processus a été supervisé par un comité de pilotage constitué de représentant de onze pays africains en collaboration avec le Secrétariat du NEPAD. La concertation s’est déroulée entre les années 2001 et 2003. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et le Fonds pour l’Environnement Mondial ont porté leur appui à l préparation du plan d’action.

 

Le plan d’action de l’Initiative environnementale du NEPAD a pour ambition de rompre les mécanismes qui sous-tendent le cercle vicieux de la pauvreté et de la dégradation de l’environnement. Son objectif global porte sur l’amélioration des conditions environnementales en vue de promouvoir une croissance économique durable en Afrique. Les objectifs spécifiques s’articulent autour de plusieurs axes majeurs :

·  Contribuer à la promotion du NEPAD par une mise en œuvre efficace de l’Initiative pour l’environnement ;

·  Promouvoir l’utilisation durable des ressources naturelles du continent et renforcer l’appui politique aux programmes environnementaux ;

·  Favoriser la mise en œuvre des conventions environnementales régionales et internationales ratifiées par les pays africains ;

·  Renforcer les capacités humaines et institutionnelles des pays africains en vue de faire face efficacement aux défis environnementaux ;

·  Faciliter la prise en compte des préoccupations environnementales dans les stratégies de lutte contre la pauvreté ;

·  Créer un réseau de centres d’excellence pour la science et la gestion de l’environnement ;

·  Mobiliser la communauté scientifique africaine et internationale pour faire face aux défis environnementaux ;

·  Valoriser l’expertise disponible pour éclairer le processus décisionnel au niveau intergouvernemental ;

·  Améliorer le cadre institutionnel de la gouvernance environnemental régionale ;

·  Canaliser les flux financiers régionaux et internationaux vers des initiatives environnementales ;

·  Etablir un cadre de partenariat entre les pays africains et leurs partenaires bilatéraux et multilatéraux, conformément à l’esprit de la Déclaration du Millénaire pour le Développement.


Par Drgéraud - Publié dans : My Achievements
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Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 09:28


 

FORUM DES JEUNES LEADERS ET PARLEMENTAIRES

British Council

Dakar, Sénégal


Dakar le 23 mai 2007

 

Présentation des travaux d’atelier

 

Thème de l’atelier 2 : participation des jeunes aux processus de développement.

 

Présidente : Mlle Lala

Rapporteur : M. Géraud HELLOW

 

Objectifs : produire un document d’environ 5 à 10 lignes sur les stratégies à adopter au sortir de l’atelier.

 

Introduction :

 

A la suite de la présentation du rapport d’atelier sur le NEPAD et la Bonne Gouvernance, nous retenons que la place des jeunes est d’une grande importance pour la réalisation des projets du NEPAD, ainsi que pour la mise en œuvre d’un processus de Bonne Gouvernance dans nos pays. Tout cela vise à atteindre les objectifs fixés pour le développement de l’Afrique en particulier. Dans la mise en place et la réalisation des processus pour ce développement, il est important de réfléchir sur la participation des jeunes dans ce processus. Le thème de notre atelier nous a permis d’aborder cette réflexion et il en ressort un certains nombre de recommandations à nos gouvernements et à nous jeunes.

 

Recommandations :

 

1-     Facilitation et vulgarisation de l’accès à l’information en rapport au développement

 

Le constat est que les jeunes manquent d’informations sur les questions de développement. Cela est du d’abord à un non engagement des jeunes eux-mêmes, car peu sont ceux d’entre nous qui consacrent 30 minutes par jour pour accéder à l’information  des masses média (radio, TV, Internet) ou achètent un journal. Hors la plupart des informations relatives au développement s’y trouvent.

Donc nous pensons que l’accès à l’information est déjà facilité. Dès lors, les jeunes devront prendre conscience profiter de ces avantages pour accéder à l’information relative au développement.

 

2-     Décentralisation des rencontres (séminaires, forums, conférences, …) vers les banlieues

 

Un certains nombre de remarque ont été faites par rapport aux lieux d’organisation des rencontres, comme celle d’aujourd’hui. Il en ressort que les banlieues sont souvent oubliées dans le choix des lieux, hors elles regorgent le plus grand nombre de jeunes concernés par la question de développement.

Il serait important pour pallier à cet obstacle, d’équilibrer les choix de lieux de rencontre en ayant plus de considération pour les jeunes de milieux désenclavés.

 

3-     Sensibilisation des jeunes sur les questions de développement

 

Vu que la plupart des jeunes ont tendance à négliger les questions de développement, parce que n’y trouvant pas leur compte, il est important de mettre en place des stratégies de sensibilisation, par exemple organisation des conférences, des campagnes de sensibilisation dans des milieux jeunes.

 

4-     Responsabilisation des jeunes sur les thématiques de développement

 

Les jeunes sont pour la plupart attachés aux activités sportives et culturelles, c’est ainsi qu’en général on rencontre plus d’associations à but sportives et culturelles (ASC). Même au niveau des gouvernements ils sont associés à ces activités (Ministère de la jeunesse, du sport et des loisirs par exemple).

Pour remédier à ce manque, les jeunes devraient prendre en compte les questions de développement dans les activités de leurs associations et plus encore ils devraient créer et militer dans les associations du domaine de développement. Cela permettrait  aux jeunes d’être responsable face aux thématiques du développement. Exemple de la Plateforme des Etudiants Africains pour un Commerce Equitable (PEACE).

 

5-     Développer un plan d’action pour conscientiser les jeunes sur le concept de l’approche générationnelle

6-     Développer un plan d’action pour introduire la représentativité des jeunes dans les milieux de décision (parlements, gouvernements) – Notion d’équité dans ces milieux

7-     Impliquer les jeunes dans l’élaboration des programmes de formations

 

 

Conclusion :

 

Jeunesse – Leadership- Action – Développement.

Par Drgéraud - Publié dans : My Achievements
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 17:31
Une grande variété de denrées alimentaires permet de  cuisiner  les divers mets:

RECETTES DE CUISINE


Le gateau de pistache

INGREDIENTS
2 bols de grains de courge écrasés, un demi kilo de viande sans os, un verre de jus de cuisson de viande, du sel ou des cubes pour assaisonnement, de l`oignon, du piment, un oeuf ou deux s`ils sont petits, des feuilles de bananier flambées ou des feuilles utilisées pour faire cuire des battons de manioc, de la ficelle.

PREPARATION
Faire cuire la viande dans de l`eau avec du sel et de l'oignon, Mettre dans une terrine les grains de courge écrasés, Ajouter du jus de viande par petites quantités en remuant, Continuer à bien remuer jusqu'à ce que le mélange soit homogène pour obtenir une sorte de pâte. (Elle ne doit pas être liquide), Ajouter la viande. On peut aussi remplacer par le poisson fumé cuit dans l'eau.

Ajouter le sel ou les cubes pour assaisonnement et le piment éventuellement. Bien mélanger. A la fin de la préparation, ajouter l'œuf battu en omelette. Prendre les feuilles de bananier pavées sur le feu et une assiette creuse (Coumbou). Plier les feuilles en deux et les placer délicatement dans l'assiette de sorte qu'elles prennent la forme de l'assiette. Y verser la patte et ficeler soigneusement. Recouvrir le fond d'une marmite des feuilles de bananiers, et déposer les paquets dessus. Mettre un peu d'eau au fond de la marmite pour faire un bain-marie. Laisser cuire pendant 2 heures environs, en surveillant la quantité d'eau au fond de la marmite : Rajouter de l'eau s'il n'y en a plus.

Servir froid ou chaud, accompagné de bâtons de manioc ou des tubercules de manioc cuit à l'eau, de plantains mûres bouillis ou frits


Les beignets de maïs

Ingrédients
Quatre bananes douces bien mûre, Deux œufs, Quatre grandes cuillères à soupe de maïs, de mil ou de blé.

Préparation
Mettez les dans une grande marmite ou une bassine et écrasez avec la Cuillère en bois, Epluchez les bananes,
Ajoutez la farine, mélangez la avec une  grande cuillère  en bois, jusqu'à ce que la pâte soit homogène. Ajoutez les œufs, Ajoutez le sucre, Mélangez le tout avec la cuillère en bois, Laissez reposer pendant une heure après avoir couvert

Chauffez l’huile, Modeler la pate en forme de petites boules, Faites les cuire dans l’huile chaude, Retirez les beignets quand ils sont biens dorés.
Les beignets sont nourrissants et très bons, mangés chauds.


Ndolé à la viande


Ingrédients
1,6 kg de bœuf (macreuse, tendron, paleron, gîte), 2 dl d'huile, 150 g d'oignons, 300 g de pâte d'arachide, 2 kg de feuilles de ndolé, 150 g de crevettes séchées, 20 g de djanssan, 2 gousses d'ail, 1 piment jaune, 20 g de sel gemme, sel, poivre, 2 l d'eau environ.

Préparation
Mettre l'eau salée de sel gemme à bouillir. Équeuter et laver les feuilles de ndolé. Les mettre dans l'eau bouillante et les cuire rapidement à découvert pendant 5 min environ. Afin d'éviter le jaunissement des feuilles, les passer sous l'eau froide aussitôt cuites pour les refroidir et éliminer les dépôts. Égoutter dans une passoire. Presser en formant des petites boules pour enlever l'eau, les mettre sur une assiette. Dans une sauteuse, faire chauffer de l'huile et saisir les morceaux de viande, remuer jusqu'à coloration. Jeter l'excédent de graisse et maintenir la viande au chaud avec un couvercle. Ajouter les oignons coupés et les mélanger pendant quelques minutes. Mouiller de 2 dl d'eau et cuire la viande pendant 1 h 30 environ. Ensuite, ajouter le djanssan, l'ail, le piment, les crevettes écrasées, puis la pâte d'arachide. Cuire à feu doux 15 min. Ajouter alors le ndolé en pluie dans la sauteuse, le sel, le poivre. Terminer la cuisson à feu doux, en mélangeant de temps en temps, pendant 15 min. Accompagner de semoule de maïs, de plantain ou de miondo (bâton de manioc).


Sauce gombo au Mbounga (Poisson fumé)

Ingrédients
2 kg de poisson fumé, 2 dl d'huile, 500 g de gombos, 150 g d'oignons,
100 g de crevettes séchées, 150 g de tomates fraîches (à défaut, 40 g de concentré), 10 g de gingembre, 20 g de djanssan, 1 piment jaune, 10 g de sel gemme, 2 gousses d'ail, sel.
Mettre le poisson dans 1 litre d'eau froide pour l'atendrir.

Préparation
Égoutter et retirer les parties qui débordent du poisson. Mettre de coté l'eau de pochage.
Dans une sauteuse, frire le poisson sur les deux faces 10 min environ, réserver dans une assiette. Enlever le surplus d'huile. Faire revenir dans une casserole les oignons et les tomates. Mouiller avec les 3/4 de l'eau de pochage, assaisonner avec le gingembre, le djanssan, le piment, le sel gemme, le sel fin et le gombo finement écrasé. Cuire à feu doux, à demi couvert 20 min, 6 min avant la fin de la cuisson, ajouter le poisson. La sauce doit être élastique.
Accompagner de semoule de maïs.


Mbongo Tchobi au gibier

Ingrédients
2 kg de viande de gibier (lièvre, lapin de garenne, chevreuil, perdrix, faisan, caille), 1 dl d'huile, 300 g de tomates, 200 g d'oignons, 150 g de djanssan, 6 gousses d'ail, 100 g d'épices mbongo, sel, 1 bouquet garni,
50 g de persil haché

Péparation
Dans une cocotte, mettre de l'huile et saisir à feu vif les morceaux de gibier pendant 10 min. Ajouter tous les ingrédients écrasés, puis les épices mbongo. Mouiller avec 1,5 l d'eau ou de bouillon de viande, ajouter le bouquet garni et saler.
Cuire 1 h environ, selon le gibier, remuer de temps en temps pour éviter que les morceaux de viande n'attachent.
Servir très chaud avec le persil haché.


Gâteau Koki

Ingrédients
1,5 kg de haricots secs (petits grains blancs), 4 dl d'huile de palme,
1 piment jaune, 0,5 l d'eau, 8 feuilles de bananes ou moules.

Préparation
Hacher grossièrement les grains et les mettre dans de l'eau froide ou dans un bouillon froid pendant 1 h. Laver en malaxant pour enlever la fine membrane qui recouvre les haricots, plusieurs fois s'il le faut pour entièrement retirer cette peau. Égoutter et écraser les graines.
Dans une terrine, réunir la pâte et ajouter le piment écrasé, puis l'huile et l'eau en mélangeant afin d'obtenir une pâte homogène. Saler, cuire dans les feuilles de bananier pendant 3 h environ au bain-marie.
Accompagner de bananes vertes ou de patates douces.


Mbongo Tchobi au poisson

Ingrédients
2 kg de machoiron, silures ou carpes, anguilles, 200 g d'oignons, 100 g de djanssan, 1 tomate, 10 cl d'huile, 50 g d'épices mbongo, sel.

Préparation
Écraser les oignons, l'ail, la tomate et le djanssan, les mettre en attente. Laver, vider, ébarder et couper les poissons en darnes. Saler. Disposer les poissons dans une terrine, verser les ingrédients dessus puis les épices de mbongo et un peu d'eau. Mélanger le tout. Goûter l'assaisonnement.
Mettre le mbongo ainsi mélangé avec tous les ingrédients dans une marmite, verser dessus l'huile, couvrir et cuire à feu doux 30 min environ. Vérifier l'onctuosité de la sauce. Diluer avec un peu d'eau si elle est trop épaisse. Servir très chaud.
Accompagnement : macabo, manioc, riz.


Foufou (farine de manioc)

Ingrédients
1,6 kg de farine de manioc, 2 l d'eau environ.

Préparation
Dans une casserole, mettre à bouillir les 2 l d'eau. Tamiser la farine. Retirer dès l'ébullition 1 l d'eau de la casserole et le mettre à part au chaud. Ajouter en une seule fois la farine tamisée et travailler le mélange à feu doux et à l'aide d'une spatule en bois pendant 10 min. Rajouter un peu d'eau chaude si la pâte est trop dense. Faire des grosses boules. Servir chaud. Accompagner de sauce pistache ou de sauce arachide


Feuilles de manioc (Pkuem)

Ingrédients
1,5 kg de feuilles de manioc,1 kg de noix de palme, 150 g d'oignons, 50 g de pâte d'arachide fraîche, 2 gousses d'ail, 1 piment jaune, 10 g de gingembre, sel, 1 l d'eau.

Préparation
Équeuter et laver les feuilles en supprimant les tiges, les feuilles flétries et jaunies, les égoutter et les écraser très finement. Les mettre de côté. Dans un pilon, piler les noix de palme, mouiller à l'eau, mélanger le tout et passer le jus au chinois (petite passoire fine) en enlevant les dêchets. Réserver le jus.
Dans une petite sauteuse, mettre les feuilles écrasés, le jus et assaisonner de sel, oignons, piment, gingembre et ail écrasés. Cuire 10 à 30 min environ. Servir très chaud.


Mussolé (Frites de plantin mur)

Ingrédients
2 kg de plantains mûrs, 0,5 l d'huile de palme.

Préparation
Éplucher, laver et couper en deux dans le sens de la longueur et ensuite en deux dans le sens de la largeur. Dans une sauteuse, faire chauffer l'huile et frire les plantains pendant 10 min.


Poisson braisé à la camerounaise

Le poisson braisé au Cameroun : "Chez Guy Marcel"


Ingrédients
8 daurades moyennes, 2 dl d'huile d'arachide, 5 piments rouges,
30 grains de djanssan, 20 g de gingembre (djidja), 150 g d'oignons,
3 gousses d'ail, 150 g de tomates fraîches, 30 g de céleri en branches, sel, poivre, persil en branche.

Préparation
Vider, enlever les morceau qui dépassent du poisson, les laver et les mettre à part dans une assiette. Écraser tous les ingrédients (piments rouges, djanssan, djidja, céleri en branches, oignons, tomates).
Dans une casserole, mettre de l'huile à chauffer et frire les ingrédients écrasés 20 min environ, saler, poivrer et les mettre de côté. Assaisonner les poissons sur les deux faces et les huiler légèrement, les braiser sur une braisière ou un barbecue ; cuire chaque face 15 min environ en les badigeonnant à l'aide d'un pinceau avec une partie des ingrédients écrasés. Mettre les poissons dans un plat à poisson et décorer de branches de persil. Servir le piment à part.
Accompagner de miondo (bâton de manioc).


Kondre Plantain

Ingrédients
500 g de viande de bœuf ; 250 g de tomates ; basilic + céleri ; quelques grains de poivre sauvage ;20 g d’ail ; 50 g de gingembre ; 3,5 cl d’huile de palme ; 2,500 kg de plantains ; persil ; 2 piments ; pèbè (ndin) ; 4 feuilles de gingembre ; 10 g de mélan ; 2 oignons.

Cuisson :
Ecrasez finement tous les condiments : tomates, persil, basilic, céleri, pèbè, piments, ail, gingembre, 1 oignon et le poivre sauvage. Coupez finement 1 oignon et réservez. Epluchez les plantains dans une grande cuvette d’eau et réservez. Coupez la viande en petits cubes, lavez-la et faites égoutter. Mettez 35 cl d’huile de palme dans une casserole. Dès qu’elle est chaude, versez-y l’oignon émincé ainsi que le sel, mélangez un peu et versez les condiments écrasés, la viande lavée e égouttée, les feuilles de gingembre ainsi que les plantains épluchés. Couvrez largement d’eau et laisser cuire pendant 1 h 30min. Servir chaud.
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/64/Dschang_market_NTFP_MS_3992.jpg

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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 17:28
DSCHANG : ART ET ARTISANAT



1° Art plastique contemporain

Arrivé à Dschang comme discipline scolaire enseignée dans les lycées et collèges, l’art plastique contemporain s’est très vite répandu chez les jeunes, grâce aux efforts réalisés par un certain Pompé, artiste camerounais et enseignant de dessin. 

De nos jours, l’alliance franco camerounaise et les Gîtes Ruraux de l’ouest se sont constitués en véritables pépinières d’encadrement et de formation des jeunes artistes, à travers l’organisation des résidences artistiques. En effet, une résidence artistique est une retraite étendue sur 50 jours. Pendant cette période, l’artiste est entièrement pris en charge, et travaille sur un thème de son choix, sous le suivi et l’encadrement des 2 institutions.

De nombreux talents, reconnus aujourd’hui en Afrique et même dans le monde entier, ont été détectés à travers ses résidences. C’est le cas de Sergeo Demefack, Hervé Youmbi, Hervé Yanguen, Tatang, Goddy Leye  et bien d’autres. Il faut également noter la création du club des arts plastiques de l’université de Dschang, qui joue un rôle d’animation artistique dans le milieu estudiantin.

A travers des agencements de couleurs et des représentations de formes, les artistes utilisent le matériel locale et les objets de récupération, pour réaliser des tableaux et des sculptures.

2° Artisanat traditionnel

L'artisanat est le meilleur moyen d'expression chez les peuples de Dschang. Depuis la nuit des temps, l'homme communique avec les forces irrationnelles de la nature à travers les oeuvres d'art.

Dans le chefferies, chez les marabouts et les guérisseurs, dans les lieux d'offrandes et de sacrifices, les séances de cultes sont consacrées aux dieux, représentés par des sculptures en pierres, en bois, ou en argile. Par ailleurs, les objets d'art constituent avant tout un instrument de richesse et  de noblesse.

Les statuettes majestueuses, les trônes en perles et en coris, les masques imposant et monstrueux, les costumes confectionnés à l'aide de NDOP (tissus précieux élaboré par des tisserands initiés), le LEFEM (orchestre d'animation des veillers et des fêtes), sont exclusivement réservés au chef et aux notables. Ainsi donc, les premiers emblèmes du pouvoir d'un chef sont ses objets d'art: Son trône majestueux, sa longue et imposante pipe, son bâton de commandement sculptés, ses peaux de panthère et ses défenses d'éléphant.

Dans l'histoire, certains chefs sont resté légendaire grâce à leurs talent artistique. C'est le cas des chefs  Fozap de Bafou et de Tsopgny Jonny Baleng, qui ont fait construire des monuments en leur honneurs, devenus aujourd'hui des lieux de culte, de tourisme et de pèlerinage.

DSCHANG : VIE ET SOCIETE

 

La fonction du roi chez les Bamiléké

Dans un groupement donné à la province de l’ouest Cameroun, le roi est à la fois un dirigeant mystique et un monarque qui a un rôle très étendu sur le plan spirituel et féodal. Le roi est le symbole de tout ce qui concourt au bonheur de son peuple .ses fonctions le place même s’il n’est pas exceptionnellement nanti de talents ou de capacités comme la courroie de transmission entre le peuple qu’il gouverne et Dieu placé au dessus de tous pouvoirs les majestés sont généralement désignés sous le nom de nomtchema ( lion) mbelang ou autres, ntah soungseu (défense d’éléphant,) qui sont des éléments totémiques avec les quelles il s’identifie. D’une manière générale, les rois bamileke jouissent des pouvoirs temporels et spirituels après leur séjour d’initiation au la’akam pendant 9 semaines bien comptées. dans le langage traditionnel,le chef ne meurt pas il disparaît il s'en va dans le royaume de ses ancêtres. Par ailleurs, il est le maître de la terre, à condition de préserver le droit d’usage à tous.

En pays Bamiléké ,avant le frottement contre les civilisations étrangères qui ont détournes tout action s’articulait sur un point qu’est la royauté, lieu qui incarne le pourvoir divin ,l’autorité, la législation nécessaire pour l’ordre la paix et tout ce qu’il faut à chacun dans la communauté pour bien vivre. Le palais royal est le chef lieu de l’unité traditionnelle. le roi qui l’incarne a toujours été le plus grand détenteur des pouvoirs, le plus indiquer à consulter pour trouver la solution qui convient à un problème. C’est le roi qui joue le rôle de juge suprême dans la collectivité qu’il dirige .son devoir est d’être constamment à la disposition de la communauté dont il a la charge .Il est obligé d’être prompt à discerner les besoins des populations placées sous son égide à les encadrer et à les protéger grâce aux pouvoirs spéciaux dont il est détenteur. Étant considéré comme le reflet du règne de Dieu parmi les hommes, il est le dépositaires du savoir, des coutumes , des pouvoirs ; il est le symbole de la vie religieuse traditionnelle de sa communauté, car c’est le roi qui doit rendre sacrée ou spirituelle l’histoire de sa société .Il est le point de jonction entre le monde historico -physique et le monde spirituel de par son caractère de prêtre des ancêtres mythiques, détenteurs des statues et des éléments totémiques avec lesquels il s’identifie .c’est ainsi qu’il a le monopole des peaux de panthères, des sièges figurant de panthères des défense d’éléphants etc....

Autant de symbole de sa puissance puisqu’il est le chef est maître des éléments l’incarnation de la communauté ,l’essence de la pensée et de l’action d’envergure. Dans la société Bamiléké , le roi est considéré comme le plus fort en tout point de vue dans la communauté placée sous son autorité parce que tous les sorciers ,magiciens, médiums, devins guérisseurs lui passent leurs puissances pendant les neufs mois de l’initiation. C’est ainsi qu’on dit que dans chaque collectivité traditionnelle, le roi réunit tous les pouvoirs surnaturels existant dans son unité de commandement. Il est dit que c’est lui qui relie le peuple à Dieu en tant qu’incarnation divine. D’où la dénomination Sipeufeu (Dieu est le roi) ou encore Sibafeu (Dieu est roi)

Création d'un royaume en pays Bamiléké

Un groupement humain prend naissance à) partir d’un palais royal. chaque chefferie est une sorte de patrie autonome ;mais bien qu’indépendantes, les chefferies ont les grades de différents suivant leur proximité avec l’ancêtre mythique . La différence entre eux est que certains villages, par exemple, n’ont jamais été vaincus par un autre village . Par ailleurs le nombre de case ou toits coniques dans l’enceinte d’un palais royal matérialise la puissance de ce royaume. Pour qu’il y ait un nouveau royaume, il fallait qu’un homme, prince ou notable ou serviteur puissant se rebelle, refuse sa soumission à un autre royaume &ancien s’éloigne de celui ci ,et arrive à s’implanter quelque part, en forêt ou dans la savane. De là, il crée sa propre famille, se constitue en cour, attire vers lui une population, ou s’impose sur toute faible résistance trouvée en place. Beaucoup de chasseurs , aventuriers ou explorateurs, au cours de leur éloignement, ont crée des royaumes puissants qui se sont maintenus contrez vents et marées.

Le peuplement

Plus un royaume se sentait puissant plus il s’agrandissait en combattant ,en gagnant des hommes et du terrain .Des tranchées creusées avant et pendant la colonisation séparaient les villages (groupements)voisins. C’est ainsi que l’on trouve aujourd’hui des groupements constitués de plusieurs milliers de personnes à côté d’autres se limitant à quelques centaines d’âmes. Dans ces grands groupements ,on trouve des soumis, des ralliés, des minorités , des réfugiés émigrants, etc. Partout, les jeunes représentent l’espoir , la projection dans l’avenir, d’où l’importance accordée à leur initiation qui les prépare à travers le courage, le travail, l’ endurance, la générosité, etc.... à assumer pleinement dans la société. En général les femmes ne sont pas oubliées .Mères, épouses nourricières de la cellule sociale qu’est la famille, les MEKEU (mères des jumeaux) jouissent d’ une estime et d’un privilège au sein de la communauté ; les MAFEU sont respectées , honorées.

Sociétés secrètes

Le pouvoir de chaque roi est sérieusement tempéré par le grand nombre de sociétés sécrètes qui animent et entretiennent la flamme de la communauté. Elles ont un caractère ,soit religieux, soit économique, mais leur étude reste une affaire tabou en raison de leur nature sacrée. Elles se réunissent à des périodes précise. Hiérarchisée, chaque confrérie a une signification propre et est orientée vers une mission précise. Exemples : pagouop (porteur de peau de panthère) Medjoung (guerriers) Kougang (tenants des coutumes et traditions). L’accès aux sociétés sécrètes passe par l’initiation qui est la base des coutumes ; les coutumes et traditions sont aussi nombreuses que diverses. Très respectées, elles font la fierté se l’homme Bamiléké qui y attache beaucoup d’importance. Le roi est entouré aussi d’agents exécutifs notamment : les Wala djé (sorte d’agent public) les Wala- ntsa’à (sorte de messager et protocole) , ainsi que les serviteurs dont le chef de fil est un Defeu, suivi de Tabeu, etc....

Justice traditionnelle

Le justice est rendue au moyen de la torture ou de Ngwe (potion médicamenteuse à effet et pouvoir surnaturels ou maléfiques contre les malfaiteurs), ou encore au moyen du versement de vin de raphia sur un tombeau en proposant une sanction en cas de mensonge ou de culpabilité. Autrefois, l’animal de vérité en cas de Ngwe était la tortue. Après les déclarations d’innocence jurées par les parties en présence, celle - ci se dirigeait vers le menteur et sa culpabilité était ainsi consommée.

Habillement et danses traditionnelles

La couture Bamiléké compte parmi les plus somptueux : décoration et goût poussé dans la recherche ; c’est tout un message qui témoigne de la finesse du Bamiléké dans l’art de la communication. Les cérémonies de danses traditionnelles sont les occasions propices pour apprécier la richesse de ces tenues , fruit de ma maîtrise de l’ art

Relation inter-village

Chaque groupement a des alliés suivant les pensées historiques, des batailles antiques, ou selon que telle œuvre est celle d’un natif de telle personne, ou encore que le successeur dans tel palais fut le petit- fils de tel autre grand roi, etc....

Le calcul traditionnel du temps

En pays Bamiléké, la semaine compte huit jours, et chaque jour a une signification liée aux activités qui lui sont réservées, ou inspirées de l’histoire du village. D’une manière générale, le temps est indiqué par des événements qui le marque : tel fait s’est déroulé pendant les récolte de telle ou telle plantes, pendant les semailles de telles autre , en saison sèche ou de pluie ; on dira par exemple je suis né l’ année où il eut l’invasion des sauterelles ; l’année » où il eut éclipse ; au lever ou au coucher du soleil : à la nouvelle ou en pleine lune ; au premier chant du coq ; etc.... De nos jours, les chose ont évoluées avec les calendriers en langue maternelle où les jours , les semaines les mois voire l’année ont effectivement une dénomination. Les biens privés ne manquent pas. Mais les biens communs sont les plus nombreux , parmi lesquels ; · Le palais royal lui-même : Ntsa’a - ngouong (palais du peuple) · Les pagnes traditionnels de la chefferie · Les bracelets en or du chef · Les ivoires de la chefferies · Certains instruments Qualifiés de tsegouong c’est à dire les biens du peuple) · Les lieux et marchés publics · Les lieux saints · Les cours d’eaux · Les routes publiques · Tribune et tam-tams de la chefferie

 

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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 16:58
Je vais présenter  en quelques images  mes origines,  d'où je viens et d'où  je  retournerais.
Je suis originaire de Dschang, c'est une belle région située à l'ouest Cameroun, aussi qualifiée de "Suisse d'Afrique" de part sa multitude de collines, son climat, sa végétation et son sol fertile.
Sur cette carte du Cameroun, le point rouge représente la position de Dschang.

Image:CM-Dschang.png
DSCHANG : VIE ET SOCIETE
  1. Organisation sociale

pourtant l’organisation sociale et politique des Bamiléké impose le respect de l’autorité comme valeur cardinale la société Bamiléké est composée de multiple villages indépendants les uns des autres, avec à leur tête un chef, autorité politique et religieuse de la communauté. Le chef, appelé fo’o , est un descendant de la dynastie fondatrice du village. Son autorité est globale et s’étend sur tous les domaines : personnes, biens, terres. Afin de limiter son pouvoir qui frôle celui de la divinité, le chef est entouré d’un conseil de notables ; les 9 comme on les appelle en ce fondant sur leur nombre. Le conseil, qui reçoit la désignation du successeur au trône après avoir prêter serment d’ en garder le secret jusqu’à la mort du chef est doté des pouvoirs importants. Bien qu’il puisse s’ en passer, le chef n’agit jamais sans prendre son avis, et ses décisions sont généralement le résultat d’un consensus. Il est à noter que les membres du conseil des 9 sont inamovibles, puisqu’on y accède par voie de succession. Cette forme d’éligibilité confère à ces membres une certaine indépendance vis à vis du chef, celui- ci n’ayant pas le pouvoir de les démettre. En dehors du conseil des notables, le pouvoir politique repose aussi sur l’existence d’une multitude de sociétés plus ou moins secrètes, donc l’autorité dans leur domaine de compétence peut frôlé la souveraineté.

LA CHEFFERIE BAMILEKE EXPRIME L’UNITE DE LA COMMUNAUTE DU VILLAGE

Elle représente le bien collectif constitué par la terre du village . Le représentant de cette collectivité étant le chef , la chefferie est un grand domaine comprenant 50 à 100 cases et plus , suivant l’importance du village et du harem du chef . De grandes cases abritant les sessions de différents grands conseils de notables ou les conseils privés du chef s’intercalent entre les habitations des épouses du chef , qui vivent chacune dans son foyer en compagnie de ses enfants . Ces immeubles de taille relativement importante porte le nom du conseil qui y siège . Ainsi il existe donc autant de cases de conseils qu’il y a de conseils dans la chefferie . Les cases de conseil ont un caractère sacré : en dehors de la mère du chef , aucun membre de la gent féminine ne peut y pénétrer , pendant ou en dehors des sessions . Le service et l’entretien des lieux sont assurés par des serviteurs du chef . L’entrée dans ces lieux de débat est formellement interdite à toute personne non-membre du dit conseil . Avant la pénétration européenne , la chefferie , chef-lieu du village ou capitale de la cité dans le cas des villages indépendants ( Lah-Lepeù ) , était le lieu où se réglait toutes les questions politiques , sociales et économiques du village . Pour chaque type , le chef s’entourait des cadres coutumiers appropriés . Les principales affaires débattues dans ce lieu concernaient les questions de frontières, la levée des impôts , le règlement des litiges , les négociations commerciales , etc... Toutes les chefferie Bamiléké n’ont pas le même rang. On distingue deux grandes catégories :

1) Les chefferies de Lah-Lepeù : villages jamais dominés ni vaincus et indépendants . Ces chefferies sont généralement considérées comme des chefferies supérieures .

2) Les chefferies de Lah-To’ : petit village dépendant d’une grande chefferie qui , soit les a soumises , soit les a offert sa protection . Dans ce cas , la chefferie supérieure assure les relations extérieures , les rapports politiques avec les autres villages , la défense et la sécurité du village sous protectorat . la chefferie supérieure peut comprendre plusieurs chefferie sous protectorat . Ces derniers ont un chef qui est considéré par le pouvoir central comme une sous-chefferie construite selon les même principes que la chefferie supérieure , mais avec une ampleur et une architecture moins étendue que celle-ci .

L’administration coutumière du village est assurée par les organes coutumiers locaux , mais les grands conseils de notables disparaissent au profit des conseils de la chefferie supérieure dont la juridiction s’étend uniformément aux chefferie sous-protectorat . Toutefois , l’avis des chefs ou des notables des chefferies sous-protectorat est requis pour toutes les questions concernant leurs localités . Par ailleurs , les notables des villages placés sous-protectorat intègrent , avec leur rang et leurs titres , les grands conseils analogues de la chefferie supérieure .

LE RESPECT DU CHEF , FONDEMENT DE LA TRADITION BAMILEKE

Chez les Bamiléké , les signes et des marques distinctifs officiels régissent les rapports entre le chef et ses sujets . Citons quelques exemples : Tout individu de rang inférieur doit de décoiffer devant le chef , pratique valable entre deux chefs de rangs différents ; personne n’a le droit de s’asseoir sur la chaise d’un chef . Aucun sujet sans titre , ne peut s’asseoir sur la chaise d’un chef de quartier , d’un sous-chef ou d’un notable ; un principe général en droit coutumier étend ces pratiques à l’ensemble des villages Bamiléké . Un ressortissant , notable ou non d’un village Bamiléké doit garder vis-à-vis de tous les chefs Bamiléké , coutumièrement ou normalement intronisés , les mêmes préséances , de même , un titre nobiliaire , le rang social d’un notable et la hiérarchie coutumière qui lui sont reconnus par un chef Bamiléké sont valables et produisent les mêmes effets dans tous les autres villages Bamiléké ; le rang du chef est indépendant de sa personnalité et de sa capacité juridique . Il jouit de tous ses droits et de son rang , qu’il soit mineur , vieux , ou même aliéné mental . Il ne perd sa qualité et son rang que par la mort ou la guerre .

UNE SOCIETE FEODALE OUVERTE AUX VALEURS DEMOCRATIQUES

La qualité du citoyen , le rang , le titre d’un membre de la communauté varie dans le temps , notamment en fonction du mérite personnel . La promotion sociales Bamiléké s’effectue par l’admission du promus dans l’un ou de l’autre des multiples conseils de notables , et se caractérise par une gradation de plus en élevée sur la pyramide de la hiérarchie des cadres coutumiers . Cette gradation hiérarchique et progressive constitue une sorte d’école de la vie , où les futurs conseillers et notables sont formés à l’exercice du pouvoir . Dans la société Bamiléké , le seul mérite d’un individu peut le conduire du tréfonds de la hiérarchie sociale jusqu’au plus haut degré de dignité . Cependant , une fois acquise , celle-ci devient héréditaire et se transmet de père en fils . Il ressort de l’analyse de l’organisation de la hiérarchie sociale chez les Bamiléké que la société est fondée sur un modèle original de féodalité démocratique . Les valeurs personnelles de l’individu , sa bravoure , sa vaillance , son intelligence et ses mérites peuvent le conduire jusqu’au sommet de la pyramide sociale , le seul poste réservé étant celui du chef ( en temps de paix ) .

LES SOCIETES SECRETES

Les sociétés secrètes sont spécifiques au pays Bamiléké . Dans une chefferie , on peut dénombrer une centaine de sociétés qui peuvent être réparties en deux ensembles : Les sociétés politico-administratives . Exemple : le conseil des neufs ( M’kamvù ) , les sociétés guerrières ( Madjoung , les Kù’ gaing ) Les sociétés magico-religieuses . Exemple : le conseil des sept ( Mkam sombeù ) . Les sociétés totémiques ; les Ku’gaing , police secrète en relation avec les forces invisibles de la nature . Les principaux rôles de ces sociétés sont de : Sécuriser l’individu en le protégeant par des pratiques guerrières et/ou magico-religieuses, Assurer la promotion de l’individu ; Permettre aux chefs de bien diriger leurs populations . Tout individu peut avoir accès aux sociétés secrètes , soit par succession , soit par mérite .

SOURCE : CAMAROES N0 003

2 La semaine

 

A Dschang, comme par ailleurs chez tous les peuples de la tribu Bamiléké, la semaine comport huit jours (au lieu de sept comme dans le calendrier romain).

Marché de Dschang dschang-onlineDSchang marché dschang-online

Jours de la semaine

Marchés de villages

Mbouowa

Penka Michel, Fotsa-Touala

Mbouolou

Santchou, Fossong-Wentcheng, Foto

Meta

Dschang, Bafou (Meya), Balessing, Fongo Tongo (Mami-wata)

Mbouokeu

Baloum, Baleveng, Fotomena, Fotetsa (Tengue)

Mbouotchou

Fongo-Tongo, Bafou (Chefferie), Fombap, Bamendou I

Efa’a

Bamendou II, Fongo-Ndeng, Santchou, Bansoa (Chefferie), Fossong Ellelem

Ndjiele’ah

Bafou (Meya), Fokoué, Fondonera, Fotetsa, Bansoa (Baneghang)

Ngang

Dschang, Baleveng, Bamendou (chefferie), Fomopea,

 

 

   

 

 

Masque Dschang-online.com

 Le mariage

 

Les fondements du mariage

Le mariage chez le Bamiléké n’est pas un contrat entre deux personnes, mais entre deux familles, deux sociétés, deux peuples, avec pour exécutants un homme et une femme qui ne sont pas consultés. Donc une femme épouse une famille et non un homme, mais elle vivra maritalement avec un seul membre de cette famille. Un homme épouse la famille qui lui a donné la femme, mais ne vivra maritalement qu’avec sa femme.

La famille se comprend ici au sens de la large famille africaine
Contrairement à l’assertion biblique «.L’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme» (Genèse 3, verset 24), c’est la femme qui quitte ses parents pour rejoindre la famille de son époux. Mais c’est cette dernière qui ira demander la main de la femme à sa famille, et pas le contraire.

Les futurs époux n’ont pas besoin de se connaître avant. Ils apprendront à le faire pratiquement et ils le feront très bien. Par contre, la fille peut connaître et apprécier certains membres de sa future belle-famille pour leur présence fréquente dans la concession et leur gentillesse, mais sans soupçonner les causes profondes de tant de générosité, d’autant plus qu’elle a parfois plusieurs sœurs et demi-sœurs. Ce sont les familles qui garantissent les liens de mariage.

Le but du mariage est aussi d’avoir un compagnon attentionné et agréable à vivre, une femme docile et généreuse, un mari fort et respecté.

Fécondité et caractère sont les deux principaux critères de fiancés. La base de l’information est la mère de la fille et sa famille. Si elle a fait beaucoup d’enfants, sa fille fera autant. Si elle a un bon caractère, si elle est travailleuse, on choisit ses filles les yeux fermés, parce que quelqu’un la connaît bien, espérant qu’elles ressembleront à leur mère. C’est pourquoi, il est difficile d’accepter une fille dont on ne connaît pas les parents. Le physique n’est pas un critère de choix.

 

Nous commençons cette série d’articles par le mariage car c’est la base de la vie communautaire. Après, nous parlerons de la naissance, de l’éducation, de la vie en société et de la mort.
Notre ambition est de faire connaître nos valeurs traditionnelles et d’appeler à la réaction du lecteur pour des éclairages et/ou compléments d’informations. Le choix de notre point de départ n’est pas un hasard. Nous avons reçu dans notre boîte électronique un article de Roger Franck Njipgang (9 ans) rapportant une scène de dot et que nous publions en guise d’introduction.

La cérémonie de la dot

L e dimanche 6 avril 2003, je suis allé moi et ma famille à la cérémonie de dot de mon oncle NJEUFA NJAMIN JULES BLAISE . Nous sommes arrivés au domicile de la future mariée, NGOKO TCHOUPO RUTH ESTHER. Celle ci était encore dans un salon de coiffure. A la maison, les préparatifs se faisaient. Quand on les acheva, les invités s’installèrent et la cérémonie débuta. Le père de la mariée nous demanda:
- Que venez-vous faire ici »?
- Nous avons faim et nous venons chercher un rejeton de banane que nous pourrons planter et entretenir. (Dit notre représentant).
-Nous n’avons pas de rejeton de bananier.
- Nous venons chercher quelqu’un qui peut nous préparer à manger.
- La personne là n’est pas ici.
-Nous savons que celle que nous cherchons est ici.
- Allez voir si la personne qu’ils cherchent est dans la maison
Il envoie une fille. Elle part et revient avec une jeune fille, mais pas celle que nous cherchons.
- C’est elle que vous voulez ?
- Non
L’envoyée ramène la fille derrière et revient seule.
- Où est-elle ? demande notre porte-parole.
- La voiture n’a plus d’essence dit la fille.
- Il faut de l’essence dans la voiture, dit son père.
On donna une enveloppe pour l’essence et elle revint bredouille car dit-elle, la voiture s’est embourbée et il faut pousser. On donna encore une enveloppe et elle revint avec une autre fille, mais pas la bonne.
-Voilà celle que vous cherchiez, dit le père.
- Ce n’est pas elle. Celle que nous cherchons s’appelle Esther.
- Va chercher Esther !
- Il faut ajouter l’essence
On avança en donnant des enveloppes à plusieurs reprises pour mettre le carburant ou pousser une voiture embourbée dans une maison! Enfin de compte la vraie Esther apparut, sous les ovations de l’assistance. C’était vraiment un concours de patience.

Les parents des deux côtés allèrent s’entretenir à huis clos. Après les baffles s’allumèrent et la musique se fit entendre. On a mangé, bu, dansé. C’était la fête.

Njipngang Roger-Franck
Email nrogerfranck@yahoo.f

  Le mariage coutumier

Nous avons commencé cette série d’articles par le mariage car c’est la base de la vie. Après, nous parlerons de la naissance, de l’éducation, de la vie en société et de la mort.
Notre ambition est de faire connaître les valeurs traditionnelles Bamiléké et d’appeler à la réaction du lecteur pour des éclairages et/ou compléments d’informations venant de toutes les tribus. Nous avons déjà publié une scène de dot, le fondement du mariage. (Lire LPP N°46 et LPP N°48).Cet article parle de la préparation au mariage.

La préparation au mariage

La préparation au mariage diffère selon qu’on est garçon ou fille.

Pour la garçon:
Le garçon dort dans la case de sa mère, mais se forme à l’école de la vie auprès de son père qu’il accompagne dans ses tâches quotidiennes. Il apprend en observant, en aidant à faire et en faisant. Il subit des tests d’intelligence. Par exemple, quand on est entrain d’attacher quelque chose (clôture, case, bois) et qu’une liane se coupe, on l’envoie chez un parent prendre le sac où on met les bouts de lianes coupées ou encore on peut l’envoyer prendre la poire à chien. Ce dernier peut l’envoyer chez un autre, ainsi de suite jusqu’à ce qu’il comprenne ou que quelqu’un lui dise que ces choses n’existent pas.

Il devient un homme dès qu’il peut faire ce que le père fait. Mais le premier acte de préparation du garçon au mariage est la circoncision.
On ne lui parle pas des relations sexuelles. Dès qu’il en prend conscience, il ne doit plus dormir chez sa mère ? Il fait une extension de la case maternelle pour en faire son habitation. C’est la deuxième étape car c’est une malédiction qu’avoir une relation sexuelle dans la maison parentale. Cette étape est fonction de la taille de l’enfant et de son degré d’intelligence et non de son âge.

Une fois qu’il a intégré sa case à coté de celle de sa mère, son père lui délimite une portion de terrain qui sera sa concession, ou l’envoie en demander au chef de quartier. L’enfant commence par y faire une clôture et le faire cultiver. Le père le presse d’y construire une case. Une fois la case terminée, on peut lui trouver une femme.

Pour la fille:
La fille se forme en compagnie de sa mère qui devient son professeur, sa conseillère et sa confidente. Elle apprend tout ce qu’une femme doit savoir et faire, particulièrement à s’occuper de l’enfant et de la maison. Dès qu’elle peut préparer toute seule des mets comme le « nkwi » et le taro, elle est prête pour le mariage. La préparation de ces mets nécessite l’identification et le dosage de douze condiments dans la calebasse de conservation.

Elle pourra se marier dès qu’elle aura ses premières menstruations.

Reste à régler le problème de corpulence. Une fille commence à devenir femme quand ses seins commencent à prendre forme. S’ils poussent trop vite alors qu’elle est toute petite de taille, on les masse pour freiner la croissance et lui laisser le temps de grandir un peu.
Si elle n’a pas vite grandi en corpulence, on la met dans le « ndjak », sorte de quarantaine pendant laquelle elle ne sort que pour les besoins naturels essentiels. Elle se nourrit et se repose. Pendant cette période, on l’enduit d’une pâte végétale rouge appelée « ppe » qui nourrit les cellules et accélère la croissance. Cette pâte serait plus efficace que les masques d’argile utilisés par les femmes aujourd’hui pour les visages. Le « ndjak » transforme une fille maigrichonne en une fille potelée et charmante. Il est comme le la’ kwak pour les rois et les grands notables.
Ce n’est qu’exceptionnellement qu’une même fille subit deux cures de « ndjak ».

Après cette étape, les demandes en mariage commencent à affluer.


                

Par Drgéraud - Publié dans : My Roots
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